GR20 en Corse : ce que le mythique sentier exige vraiment
Le GR20 traverse la Corse sur 180 km et 10 500 m de dénivelé. Préparation, matériel, eau : ce qu'il faut savoir avant de partir.
Par Julie Girard

Le GR20 traverse la Corse sur 180 km et 10 500 m de dénivelé. Préparation, matériel, eau : ce qu'il faut savoir avant de partir.
Par Julie Girard

Le vent au col de Vergio tombe parfois d’un coup, et on se retrouve en nage trente secondes après avoir eu froid. Le GR20 fait ça : il ne prévient pas. Ce sentier de 180 kilomètres qui traverse la Corse du nord au sud reste, pour beaucoup, le trek le plus exigeant du pays. On en parle comme d’un rite de passage. C’est vrai. Mais le mythe cache un détail qui compte autant que le dénivelé : la préparation. Avant de s’y lancer, mieux vaut avoir testé son sac et ses jambes sur une randonnée plus courte dans le Vaucluse, histoire de savoir ce qu’on supporte vraiment sur une journée entière de marche.
Quinze étapes, environ 10 500 mètres de dénivelé positif cumulé sur l’ensemble du parcours : ce ne sont pas des chiffres gonflés pour impressionner, c’est ce qu’annonce le Parc naturel régional de Corse, gestionnaire du balisage. Certaines journées dépassent 1 500 mètres de montée, parfois sur du granit poli par l’érosion, parfois sur des chaînes fixées dans la roche.
Je ne connais pas un randonneur qui ait fini le GR20 en se disant qu’il avait trop peu marché avant. L’inverse, en revanche, j’en connais plusieurs. Un terrain technique use les chevilles bien avant d’user le souffle.
La partie nord, de Calenzana à Vizzavona, est la plus rude : chaînes, passages aériens, cols qui s’enchaînent sans vraie récupération. La partie sud, de Vizzavona à Conca, descend en douceur relative, avec des forêts et des bergeries. Beaucoup de marcheurs pressés sautent directement sur le sud en pensant gagner du temps sur la difficulté. Mauvais calcul : le sud fatigue les jambes sur la durée, même s’il effraie moins sur le papier.
Si vous devez choisir une seule moitié faute de temps, prenez le nord. C’est le cœur du mythe, et c’est là que se joue la vraie expérience du sentier.

Un sac de GR20 bien pensé pèse rarement moins de 9 kilos avec l’eau. Tente, duvet, popote : la tentation de la tente libre est grande, mais les refuges gérés par le Parc offrent des emplacements de bivouac payants, souvent complets en pleine saison. Réserver en ligne avant de partir évite bien des soirées à chercher un bout de terrain plat à la frontale.
Un objet qui ne sert qu’à une chose n’a pas sa place dans ce sac-là. Les bâtons télescopiques, eux, se justifient : sur les pierriers et les descentes raides, ils épargnent les genoux pendant quinze jours, pas pendant trois heures de promenade.
GR20 en chiffres
180 km
longueur totale du sentier
10 500 m
dénivelé positif cumulé
15 étapes
découpage officiel du PNRC
9 kg+
poids de sac courant, eau comprise
Juillet et août font grimper le thermomètre bien au-delà de 30 degrés sur les sections basses, et l’ombre manque souvent sur les crêtes. Les bergeries vendent de l’eau et des produits locaux sur certaines étapes, mais pas toutes, et pas à heure fixe. Deux litres minimum dans le sac au départ de chaque étape, trois sur les plus longues : c’est la règle que suivent les randonneurs qui connaissent le terrain, pas un chiffre de brochure.
La nuque cuit pendant qu’on regarde ses pieds sur un pierrier. Un chapeau à bords larges sert plus qu’une casquette, et un foulard humidifié au col fait baisser la température ressentie en quelques minutes.
Partir sur le GR20 sans avoir testé son matériel sur une vraie journée de marche, c’est l’erreur qui revient le plus souvent. Une boucle dans un massif plus accessible, avec du dénivelé réel et des sentiers rocailleux, permet de vérifier trois choses avant le grand départ : les chaussures tiennent-elles la distance, le sac reste-t-il stable dans les descentes, et le corps encaisse-t-il plusieurs heures d’effort continu sans faiblir après le déjeuner.
Notre fiche complète sur le GR20 détaille le découpage étape par étape pour qui veut aller plus loin dans la préparation logistique.
Ne réservez pas tout le GR20 d’un bloc avant d’avoir marché une longue journée avec le sac complet. Le sentier ne juge pas les ambitions, il juge les mollets et les chevilles. Testez d’abord sur un terrain plus court, ajustez le poids, et seulement après, réservez les bivouacs du nord.
Juin et septembre évitent le pic de chaleur et la foule de juillet-août, avec une neige résiduelle possible en juin sur les cols les plus hauts.
Oui, en haute saison les emplacements de bivouac et les places en refuge se remplissent plusieurs semaines avant, surtout sur la partie nord.
Julie Girard
Rédactrice
Julie pratique la randonnée et le kayak en amateur et s'intéresse de près au parapente et à l'accrobranche. Elle documente les sorties encadrées en France et…
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